Une Nouvelle Energie dans Le Monde

A Toulouse, le Parti socialiste espère relever la tête pour les élections municipales

Alors que les socialistes dirigent toujours la région et le département, la bataille est lancée pour reprendre le Capitole lors du scrutin de 2020.

Trouver une bonne tête de liste pour 2020 et relever la tête du parti. A Toulouse, à un an des élections municipales, le PS tente de se remettre en ordre après les cuisantes défaites subies aux élections présidentielle et législatives. Dans la fédération la plus importante de France, selon les chiffres avancés par le premier secrétaire fédéral, Sébastien Vincini, soit environ 2 500 militants à jour de cotisation dans le département de la Haute-Garonne et 520 à Toulouse, le processus de désignation pour reprendre le Capitole est enclenché.

« En juin, nous aurons un ou une candidate qui portera la bannière du PS », affirme sans ambages M. Vincini, également numéro trois des instances nationales. Ce conseiller départemental de 41 ans, rapporteur du budget de l’assemblée toujours dirigée par les socialistes, « travaille depuis 2017 à analyser notre histoire collective et à la dépasser pour porter une social-écologie et répondre aux nouvelles douleurs contemporaines, illustrées par les “gilets jaunes” ».

La pente est raide. Benoît Hamon ayant à peine atteint le score de 10,35 % lors de l’élection présidentielle de 2017 dans la Ville rose. Après des rumeurs relayées dans la presse locale annonçant l’explosion du PS, les militants devront donc bien choisir leur leader pour reprendre la mairie à Jean-Luc Moudenc, élu Les Républicains depuis 2014 après l’avoir été une première fois de 2004 à 2008. Il avait d’ailleurs battu, en 2014, le maire socialiste sortant, Pierre Cohen, aujourd’hui passé à Génération.s, le mouvement de M. Hamon.

« Je ne m’occupe pas de ce qu’elle fait »

Pour l’heure, plusieurs personnalités se disputent la désignation à la candidature. Le sénateur et ancien maire de Tournefeuille, Claude Raynal, le conseiller municipal Romain Cujives, 34 ans, et l’ancien président du Sénat Jean-Pierre Bel, qui a débuté sa carrière politique en étant élu maire de la commune ariégeoise de Mijanès, sont tous sur les rangs.

Mais comme tout ne va pas forcément toujours bien dans le sérail socialiste, c’est la candidature déclarée hors processus de Nadia Pellefigue, 40 ans, vice-présidente de la région Occitanie, encartée PS, qui pimente le jeu. Elle mène sa propre campagne depuis environ six mois. Publication d’un livre en forme de déclaration d’amour pour la ville, création d’un mouvement baptisé UNE (Une nouvelle énergie), constitution d’un think tank, organisation de rencontres dans les quartiers. « Je n’ai pas à commenter le processus de désignation au PS, et sauver le parti n’est pas mon sujet », lance cette proche de la présidente de région socialiste, Carole Delga.

Très implantée dans les milieux économiques et universitaires, Mme Pellefigue veut « gagner en 2020, mais pas avec les partis et méthodes traditionnels ». Face à cette mini-fronde, les fondations fragiles de la maison socialiste tanguent à nouveau. « Je suis sûr que Nadia partira avec nous », veut croire Sébastien Vincini. « Je ne m’occupe pas de ce qu’elle fait, c’est une amie, mais je trace ma route », glisse Romain Cujives, qui consent à dire que « le PS n’est pas dans un bon état, mais va mieux ». Il a également publié un livre, a avancé 217 propositions financées, et écume les réunions et rencontres sur le terrain.

« Je n’ai pas de totem »

Au siège de la fédération, rue Lejeune, on travaille donc à l’élaboration d’un projet qui doit déboucher sur quelques grandes orientations comme la cohésion sociale, les mobilités, une nouvelle vision économique ou encore une refondation de la démocratie locale. Des thématiques défendues par Mme Pellefigue et M. Cujives. Mais c’est surtout la nécessité de rassembler une nouvelle fois toute la gauche qui préoccupe. « La ville est gagnable, mais on sait qu’on a perdu en 2014 car on n’avait pas, entre autres, bien géré les alliances », peste Sébastien Vincini. D’autant qu’au conseil municipal, le groupe socialiste a éclaté « façon puzzle ».

Du côté des écologistes et de La France insoumise, pour l’instant, on observe les manœuvres. Et si Claude Raynal est encore très discret dans la bataille, Nadia Pellefigue se veut plus offensive et « dans l’air du temps » même si elle n’est pas encore très connue. « Le taux de notoriété à Toulouse n’est pas forcément important. On ne gagnera pas sans EELV ni LFI, mais pas non plus pour sauver le PS », explique-t-elle. Une allusion à la décision du Parti socialiste de partir aux élections européennes avec des personnalités de Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann.

« J’ai des échanges avec Glucksmann, mais aussi avec Anne Hidalgo ou des femmes maires de grandes villes », insiste Mme Pellefigue,..

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